Homo sapiens : être de culture ?

Homo Sapiens est très probablement la seule espèce animale qui puisse avoir conscience d’une partie de son histoire et des effets qu’elle produit sur ses environnements…
Ses capacités et ses cultures se sont construites progressivement.

L’Homme saura-t-il entretenir, partager, améliorer ses environnements transformés et artificialisés ? Coopérer solidairement ? Ou bien, restera-t-il le plus grand des prédateurs, au détriment même de sa propre espèce ?

 

La pire menace pour l’avenir de l’Humanité,
c’est l’anthropocentrisme, cette croyance issue de la métaphysique qui installe l’homme
dans une position arrogante au centre de l’histoire de la vie et du cosmos. Pascal Picq

Homo sapiens décrit non seulement quelques étapes clé de l’évolution de la vie, mais il commence à en comprendre la dynamique… Petit à petit, il constitue un récit de sa place dans l’univers

D’abord cueilleurs, chasseurs et pêcheurs, les Hominidés ont su, plus ou moins bien, tirer ressource de leurs environnements. Dans le même temps, ils étaient « façonnés » par ceux-ci, comme en attestent les nombreux sites et documents paléontologiques mis au jour.

Dotés de capacités de mémoire, d’analyse et de stratégie, ils ont appris à construire et utiliser des outils qui ont amélioré leurs performances. Dans le même temps, ils ont eu besoin de migrer et de «coloniser» de nouveaux territoires.

D’espèce en espèce, de communauté en communauté, de société en société, leurs capacités et leurs cultures se sont construites vers ce que nous appelons «l’Humanité».

Homo sapiens est devenu architecte, ingénieur et ‘’sachant’’... Il a conquis tous les écosystèmes continentaux, exploité les océans, exploré l’Espace… De ce fait, il a modifié profondément ses environnements.

Avec une population à venir de 9 milliards d’individus, des modes de consommation très destructeurs, l’Homme moderne doit urgemment s’interroger sur son avenir, inexorablement lié à celui de toute la biosphère, à tous les organismes vivants.

Il s’en est donné les moyens, en connaissances et en communication…

Et pourtant!!!
L’Homme restera-t-il le plus grand des prédateurs, au détriment même de sa propre espèce ?

Homo sapiens a réussi son développement en améliorant ses conditions de vie (alimentation, santé...), de procréation et d'éducation. Ses capacités d'innovation sont remarquables. Mais elles ont des revers qui n'ont pas été anticipés dans un contexte culturel où la finitude de la planète et de ses ressources n'était même pas imaginée.
Ainsi, les chercheurs estiment que 83% des écosystèmes sont, directement ou non, modifiés par les activités humaines (1995). Et, ce n'est que tout récemment que l'Homme réalise qu'il modifie l’ensemble de la biosphère. Aucun écosystème n’est épargné dans l’Anthropocène !

Et pourtant, « Nous ne sommes pas des ‘’propriétaires’’ mais des ‘’invités’’ » dit Rudolf Steiner

Alors qu’Homo sapiens a su se doter de méthodes rationnelles pour explorer et comprendre ses environnements, il s'est également lancé dans une dynamique marchande mondialisée qui ne tient aucun compte de ces savoirs…
Prédation inconsciente ? Intérêts particuliers ? Défaillance d’éducation ? Autisme ? Déni ?...

Grave manque de sagesse, à l’évidence !

Avec l’Anthropocène, ce qui pèse objectivement sur l’humanité a des conséquences fortes et potentiellement irréversibles. Dans l’histoire humaine, la conscience que nous avons du monde est constamment en retard sur son état réel, ce retard menace la survie de notre espèce.

Dans la vie quotidienne, beaucoup sont très attentifs à leur toilette, leurs vêtements, à l’agencement de leur habitation, à leurs parents et amis, leurs modes de déplacements, leur alimentation,parfois même à quelques écosystèmes qui leur paraissent remarquables…
Mais ils ne prêtent pas suffisamment attention à leurs environnements du quotidien, les réduisant au rôle de simple décor de leur vie, alors qu'ils en sont la sève nourricière indispensable.

La révolution néolithique s’est étalée sur quelques millénaires ; le miracle grec sur plusieurs siècles ;
quelques siècles se sont écoulés entre la fin du Moyen Age et la Renaissance ;
un siècle pour les révolutions politiques et industrielles ;
quelques décennies pour la deuxième révolution industrielle et la mondialisation…
Pour nous, beaucoup devra se faire avant 2 050 !
Nous en avons les moyens, nous connaissons les techniques et les connaissances.
Reste le plus important : nous doter d’une politique de civilisation à l’échelle mondiale. Pascal Picq

« Le savoir, les connaissances nous obligent vis-à-vis de ce monde dans lequel nous vivons.
Non tant parce que nous sommes responsables de ce qu’il est devenu,
mais parce que nous sommes responsables de ce qu’il deviendra… » Hans Jonas

 

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